mèche perceuse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Approximation affine et méthode d'Euler

Certes, la puissance des calculatrices et a fortiori des ordinateurs permet de travailler facilement sur des fonctions aux expressions parfois tarabiscotées. Mais en entreprise, ces dernières se heurtent parfois à l’incompréhension générale et une simplification est bienvenue. D’ailleurs, l’expression de la fonction n’est parfois même pas connue. On peut alors recourir à l’approximation affine au voisinage d’un point ou, sur un intervalle significatif de la fonction, à la méthode d’Euler qui repose sur une succession d’approximations.

Cette page n’a pas l’ambition de placer l’approximation affine en milieu professionnel mais seulement de survoler le sujet. Le niveau est celui d'une classe de première scientifique.

Approximation affine locale

Soit une fonction dérivable en un réel. Il existe alors des approximations affines plus ou moins bonnes de la courbe représentative de la fonction à cet endroit-ci. La meilleure est bien sûr celle dont la droite s’écarte moins que les autres de la courbe. Il s’agit ni plus ni moins de l’équation de la tangente en ce point.

En effet, la fonction en question peut être décomposée en deux parties (ce n’est pas toujours évident algébriquement mais sur une représentation graphique c’est assez intuitif), une partie affine et une qui ne l’est pas et qu’on appellera R(x). a étant proche de x0, on obtient au voisinage de x0 : f(x0) = f(a) + f’(a)(x0 – a) + R(x). C’est un développement limité d’ordre 1. La fonction R qui n’est pas affine représente un « reste ». Graphiquement, c’est l’écart qui s’agrandit progressivement entre la courbe et son approximation rectiligne de part et d’autre du point qui nous intéresse. Plus l’intervalle observé autour du point est petit, plus ce reste est négligeable. Et si on le néglige, il ne subsiste que l’équation de la tangente qui est évidemment une fonction affine.

Approximation par la méthode d’Euler

Si l’on juxtapose des approximations affines à intervalles réguliers, la représentation graphique obtenue n’est plus une courbe mais un polygone. Cette version cubiste est une approximation de la vraie courbe, par une méthode dite d’Euler. La méthode est intéressante si l’on connaît UNE valeur prise par une fonction ainsi que l’expression de sa dérivée mais pas celle de la fonction elle-même (on ne peut pas trouver une primitive). Elle est utilisée dans le cadre des équations différentielles.

Le principe est détaillé en bas de page (exemple 4). On obtient des valeurs approchées de la fonction par récurrence.

Exemple 1

Un exercice classique consiste à trouver sans calculatrice une valeur approchée d’une fonction au voisinage d’un entier.

Donc, quelle serait une valeur approximative de 1 / (1,003)² ?

Soit f(x) = 1 / x². On considère qu’on est au voisinage de 1 (c’est le x0 de la formule).

Donc f(1,003) ≈ f(1) + f’(1)(0,003).

Le calcul de f(1) conduit, après quelques nanosecondes de réflexion, à 1. La dérivée de la fonction est f’(x) = -2 / x³ et donc f’(1) = -2. Donc, 1 – 2(0,003) = 0,994.

Une calculatrice donne 0,994027…

Exemple 2

Soit h un réel très petit. Déterminer la meilleure approximation affine de (h + 3)³.

Nous sommes en présence d’une fonction f(x) = x³ dont la dérivée est f’(x) = 3x².

Pour x = 3, f(x) = 27 et f’(x) = 27.

Comme f(3 + h) ≈ f(3) + f’(3)h, on a (3 + h)³ ≈ 27 + 27h.

Exemple 3

Soit une fonction de coût total CT(x) =  – 2 + 10x + 150 (exemple étudié en page coût marginal). x représente un nombre de tonnes. On sait que la production doit se situer entre 6,5 et 7,5 tonnes.

Une réunion doit se tenir entre les responsables de la production, du contrôle de gestion et du marketing. Comme il est rare que des responsables se cassent la tête avec des fonctions polynomiales et qu’il faut faciliter discussions et calculs qui ne manqueront pas d’appuyer les arguments des uns et des autres, il est demandé au chargé d’études présent à la réunion de donner un moyen plus simple d’estimer le coût. Et dire que le malheureux n’est même pas équipé d’une calculatrice…

Il va d’abord déterminer le coût de revient de 7 tonnes puis trouver une approximation linéaire.

CT(7)= 465. Dérivée CT’(x) = 3x² – 4x + 10. Donc CT’(7) = 129 unités monétaires.

Formule de la tangente : y = CT(7)+ CT’(7)(x – 7). Soit y = 465 + 129(x – 7) et donc y = 129x – 438.

C’est l’approximation affine : on multiplie le nombre de tonnes par 129 puis on retire 438 pour obtenir le coût total.

Comme on gagne en simplicité ce que l’on perd en précision, le contrôleur de gestion souhaite savoir quelle erreur risque, au pire, d’être commise.

CT(6,5) = 405,13 et CT(7,5) = 534,38. Avec l’approximation affine, on obtient 400,5 unités monétaires pour 6,5 tonnes et 529,5 pour 7,5 tonnes. Certes, dans cet exemple, l’écart n’est pas négligeable mais l’intervalle de production déborde significativement autour des 7 tonnes…

Exemple 4 (méthode d’Euler)

Soit une mystérieuse fonction dont f(1) = 1 et dont la dérivée est f’(x) = -1 / x² (oui, nous savons tous que cette fameuse fonction secrète est en fait la fonction inverse ! Mais faisons comme si…).

Cherchons f(2). Peut-on en déterminer une approximation avec un pas de 0,1 ? Et avec un pas de 0,01 ?

Le problème est facile à résoudre avec un tableur. La photo ci-dessous montre les résultats obtenus mais aussi la formule de récurrence, copiée sur toute la colonne B.

méthode d'Euler

On approche f(2) par 0,536 alors que l’inverse de 2 est en réalité 0,5. C’est certes assez proche mais ça reste grossier. Une approximation par un pas dix fois plus fin permet-il d’arriver à un meilleur résultat ?

méthode d'Euler

Effectivement, l’approximation est bien meilleure !