Têtes-épaules et triples sommets
Le tête-épaules est l’une des figures chartistes les plus connues, bien qu’elle ne soit pas la plus courante. Après une longue tendance haussière, le graphique du prix de l'action ou du niveau d'indice montre alors une forme qui ressemble vaguement au Sacré-Cœur de Paris ou, pourquoi pas, à une tête et aux deux épaules (avec des deltoïdes particulièrement hypertrophiés). La courbe montre une première bosse, puis une deuxième beaucoup plus élevée et enfin une troisième hausse qui ressemble davantage à la première (en amplitude et en durée). Il s’agit en principe d’un retournement à la baisse après une tendance haussière. Mais cette hausse est devenue un colosse aux pieds d’argile : les volumes sont de plus en plus faibles, le mouvement étant davantage dû à une raréfaction de vendeurs qu’à un engouement d’acheteurs. Les deux creux de la figure sont joints par une ligne de cou (neckline) de pente nulle ou faible. Lorsque celle-ci est franchie à la baisse après la reprise technique matérialisée par la seconde épaule, la figure est validée et les traders se précipitent pour vendre (hausse des volumes). Le graphique ci-dessous montre l’évolution de l’action Dexia. Malgré une ligne de cou assez pentue, on constate un sommet historique encadré par deux bosses de moindre ampleur. On remarque en outre que les hausses de volumes correspondent aux périodes de ventes (source Boursorama pour tous les graphiques de cette page).
L’objectif minimum de baisse est déterminé par le report sous la ligne de cou de la hauteur observée entre cette dernière et le sommet de la tête. Il arrive que l’ETE survienne au cours d’une tendance baissière. Dans ce cas, on s’attend à une poursuite de la baisse (ci-dessous, action Atos Origin).
Le tête-épaules inversé (ETEI) est la figure contraire, qui annonce une hausse. La seule différence est que des volumes significatifs doivent donner l’impulsion de cette hausse en fin de figure pour que cette dernière soit validée. Sur le graphique en chandeliers japonais ci-dessous, c’est l’action Alcatel qui montre un ETEI. Remarquez l’évolution des volumes.
Enfin, il arrive que la tête ne dépasse pas des épaules. Il s’agit soit d’un triple sommet (ou triple top) soit d’un triple creux (triple bottom). Cette figure apparaît comme un double sommet marqué par une hésitation supplémentaire. Les volumes permettent une difficile distinction avec un trading range (exemple ci-dessous avec l’action Sanofi-Aventis).
Ces figures sont prédictives dans la grande majorité des cas, mais bien sûr pas dans la totalité (ce serait trop beau…). Rappelons que l’analyse technique ne considère les figures chartistes que comme un élément parmi beaucoup d’autres (signaux sur moyennes mobiles, MACD, etc.).
|







