L'éthique dans les organisations

Éthique et déontologie

Tout ce qui est légal est forcément acceptable ?

Par exemple, une entreprise peut-elle présenter un produit comme « écologique » alors que son impact sur l’environnement reste nocif ? Un employeur peut-il écarter une candidate parce qu'il pense qu'elle aura bientôt des enfants ? Une collectivité peut-elle favoriser une entreprise qui lui a rendu un service auparavant ?

Ces situations posent des questions éthiques.

 

L’éthique

Le mot éthique vient du grec êthos, qui désigne les habitudes, les mœurs, la manière de se comporter... L'éthique est donc un cadre dans lequel une personne ou une organisation détermine ce qui est bien ou mal, acceptable ou inacceptable, dans ses décisions comme dans ses comportements.

L’éthique est une branche de la philosophie mais nous ne nous aventurerons pas sur ce terrain. Restons concrets. Dans une organisation, l'éthique conduit à se demander : « Comment devons-nous agir ? », y compris lorsque plusieurs comportements sont possibles et que la loi ne donne pas une réponse précise.

Il faut donc distinguer éthique et droit. Le droit fixe des règles obligatoires. Leur non-respect peut entraîner des sanctions. L'éthique va plus loin : une organisation peut respecter la loi tout en adoptant un comportement que l'on peut juger contestable.

Une entreprise qui exploite une faille juridique pour payer beaucoup moins d'impôts que prévu par le législateur peut se trouver dans une situation légale tout en faisant l'objet de critiques éthiques. À l'inverse, une organisation peut décider d'adopter des règles plus exigeantes que celles imposées par la loi.

L'éthique ne signifie donc pas simplement « respecter la loi ». Elle conduit à réfléchir aux conséquences des décisions sur les parties prenantes, voire toute la société.

 

Pourquoi est-ce une préoccupation ?

La recherche du profit conduit hélas certaines organisations à franchir des limites.

Les pratiques de corruption en constituent un exemple classique. Une entreprise peut chercher à obtenir un marché en versant de l'argent ou en accordant un avantage à un décideur. Même lorsque ces pratiques sont dissimulées derrière des intermédiaires ou des contrats, elles posent un problème évident : la décision n'est plus prise uniquement en fonction de l'intérêt du client ou du meilleur projet.

corruption

De grandes affaires financières ont également contribué à renforcer la réflexion sur l'éthique. Des entreprises ou des dirigeants ont parfois dissimulé des informations, manipulé des comptes ou pris des risques considérables afin d'augmenter leurs résultats ou la valeur de leurs actions.

L'affaire Enron, aux États-Unis, en est un exemple célèbre. Au début des années 2000, cette importante entreprise énergétique a fait faillite après la révélation de manipulations comptables et de pratiques destinées à dissimuler ses difficultés financières. Cette affaire a montré les conséquences possibles d'une situation dans laquelle la recherche de performance prend le dessus sur la sincérité de l'information. Plus récemment, différentes affaires concernant des entreprises internationales ont attiré l'attention sur les conditions de travail des salariés, l'utilisation des données personnelles, l'évasion fiscale ou les conséquences environnementales de certaines activités.

Ces affaires ont favorisé le développement de règles internes, de codes de conduite, de contrôles de toute sorte et de dispositifs d'alerte destinés à prévenir les comportements contraires à l'éthique.

 

Éthique et déontologie

La déontologie (du grec deon, qui signifie notamment « devoir ») désigne un ensemble de règles et de devoirs qui s'imposent à des personnes exerçant une activité ou une profession.

Elle est particulièrement importante dans certaines professions. Les médecins, les avocats, les journalistes ou encore les fonctionnaires sont soumis à des règles professionnelles destinées à protéger les personnes et à garantir certaines valeurs. Par exemple, un médecin doit respecter le secret médical. Un journaliste doit chercher à fournir une information honnête et peut être confronté à des règles concernant la protection de ses sources. Un fonctionnaire doit respecter des obligations liées à l'impartialité et à l'intérêt général.

L'éthique et la déontologie sont proches sans être exactement identiques. L'éthique correspond davantage à une réflexion sur la manière d'agir, tandis que la déontologie traduit cette réflexion sous la forme de règles et de devoirs professionnels.

 

Dans les affaires

Dans une entreprise, l'éthique peut concerner de nombreux domaines : relations avec les clients, relations avec les fournisseurs, publicité, fiscalité, concurrence, protection des données, conditions de travail ou environnement.

  • La corruption constitue un problème éthique majeur. Une entreprise peut mettre en place des règles interdisant les cadeaux importants aux décideurs, les paiements occultes ou les conflits d'intérêts.

  • La sincérité de la communication constitue également une question importante.

    Une entreprise qui affirme qu'un produit est « écologique », « durable » ou « respectueux de la planète » doit pouvoir justifier ses affirmations. Lorsqu'une organisation utilise largement l'argument environnemental dans sa communication alors que ses pratiques ont peu évolué, on parle de greenwashing, ou écoblanchiment.

    Le même raisonnement peut être appliqué au domaine social. Une entreprise peut mettre en avant quelques actions en faveur du bien-être des salariés ou de la diversité tout en conservant des pratiques très contestables. On parle de social washing lorsque la communication sociale donne une image plus vertueuse de l'organisation que ses pratiques réelles.

    Ces pratiques posent une question : l'organisation agit-elle réellement ou veut-elle donner une bonne image d'elle-même ?

  • Le lobbying soulève lui aussi des questions éthiques. Défendre les intérêts d'une entreprise ou d'un secteur auprès des pouvoirs publics n'est pas illégitime. Une organisation peut parfaitement expliquer aux pouvoirs publics les conséquences d'un projet de loi sur son activité. Mais le lobbying devient problématique lorsque l'influence exercée repose sur des pratiques opaques, des avantages personnels ou une information volontairement trompeuse.

 

ONG, organisations publiques et collectivités

L'éthique ne concerne pas que les entreprises privées. Une organisation non gouvernementale (ONG) qui collecte des dons doit utiliser ces ressources conformément à l'objectif annoncé et présenter une information sincère aux donateurs. Elle doit aussi réfléchir à la manière dont elle présente les personnes qu'elle aide : certaines campagnes peuvent être critiquées lorsqu'elles utilisent des images portant atteinte à leur dignité.

Les administrations sont tout autant concernées. Elles doivent notamment respecter les principes d'impartialité, d'égalité de traitement et de protection des informations personnelles. Une administration qui attribue un marché public à une entreprise parce qu'un responsable entretient avec elle des relations personnelles pose un problème de conflit d'intérêts.

Les collectivités territoriales sont confrontées aux mêmes exigences. Lorsqu'une commune, un département ou une région dépense de l'argent public, les décisions doivent être prises dans l'intérêt général et dans le respect des règles. La transparence des décisions et l'absence de favoritisme sont donc essentielles.

 

Vie privée et dignité

Les nouvelles technologies ont fait apparaître de nombreuses questions éthiques concernant les données personnelles.

Une entreprise peut par exemple recueillir des informations sur ses clients à travers un site web ou une application. Elle peut ensuite être tentée de multiplier les utilisations de ces données.

La question n'est pas seulement de savoir si cette collecte est autorisée par la réglementation. Il faut également se demander si l'utilisateur comprend réellement ce qui est fait de ses données et si l'organisation respecte sa vie privée.

La dignité des personnes constitue une autre dimension importante. Dans une organisation, les salariés doivent notamment être protégés contre le harcèlement, les humiliations et les comportements portant atteinte à leur dignité.

 

Discriminations au travail

Le monde du travail est lui aussi concerné par les questions éthiques.

Une discrimination consiste à traiter moins favorablement une personne en raison d'une caractéristique qui ne devrait pas déterminer le traitement qui lui est réservé : sexe, origine, âge, handicap, apparence physique, situation familiale, etc.

Voir la page sur les stéréotypes et préjugés.

 

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