L'évaluation

Évaluation en entreprise

Évaluer v.t . (lat. valere, valoir). Déterminer la valeur, le prix, l’importance de. (Petit Larousse).

L’évaluation est dans l’air du temps. Elle a toujours existé mais depuis qu’Internet s’est introduit dans la plupart des foyers chacun peut attribuer une note à presque tout. Sans parler des émissions de télévision où les candidats se font évaluer par d’autres candidats !

Laissons ces cas particuliers et revenons à la définition. C’est bien d’évaluation de valeur dont il sera question. Valeur du travail, d’un jugement, d’un fonctionnement ou de façon plus ciblée d’une fidélisation de clientèle, de gestes techniques, d’un investissement financier…

Nous ne traiterons pas de l’évaluation des risques qui relève de domaines bien particuliers (risques financiers, industriels, naturels…).

 

Pourquoi évaluer

L’évaluation commence à l’école. C’est sur elle que se fonde la sélection des élèves mais aussi et surtout elle valide ou invalide la façon de travailler. Après une mauvaise note, un élève peut se ressaisir et changer d’attitude, d’autant que ses bulletins sont destinés à toutes les parties prenantes qui peuvent peser sur une éventuelle remise en cause : parents, établissement d’accueil si l’élève quitte le sien… Bref, l’évaluation permet de se corriger.

Elle ne vient pas forcément d’une personne extérieure. « Connais-toi toi-même » aurait dit Socrate. Il est vrai que sur le plan personnel, on progresse par l’auto-évaluation…

Soit dit en passant, la connaissance de soi peut s’affirmer lorsqu’on évalue les autres : un professeur qui ne met que des mauvaises notes doit se demander si son cours a été suffisamment clair pour être compris !

Dans une organisation, l’évaluation est omniprésente pour les mêmes raisons : juger pour se corriger.

 

Outils d’évaluation collective

En entreprise, des outils de contrôle sont nécessaires pour mesurer les écarts par rapport aux objectifs. Ce sont des indicateurs d’efficacité et d’efficience qui permettent d’évaluer des performances.

Certains outils sont obligatoires, notamment les documents comptables. Le plus important est le compte de résultat qui doit être comparé au document prévisionnel établi un an plus tôt. Cette comparaison peut constituer une première évaluation de l’activité mais elle est bien insuffisante ! Le bilan est un autre document obligatoire. Il synthétise le patrimoine de l’entreprise. En temps normal ce n’est pas vraiment un outil d’évaluation mais s’il est prévu que l’entreprise soit vendue, il est très important d’en évaluer le prix et pour ce faire, le bilan devient un document. Ce n’est toutefois pas ce type d’évaluation qui nous intéresse ici.

À partir d’une certaine taille, une entreprise établit des outils de pilotage complémentaires : bilan fonctionnel, tableau de financement

D’autres documents chiffrent ce qui est prévu. À court terme ce sont des budgets ; sur plusieurs années ce sont des plans (plan de trésorerie, plan de financement, plan marketing…). En fin de période, on mesure les éventuels dérapages par rapport au prévisionnel et on en cherche les causes.

Pour cela, les analyses doivent être plus approfondies, car si un simple écart par rapport à un objectif permet une certaine mesure d’efficacité ou d’efficience, il se révèle insuffisant pour déterminer les causes d’un dysfonctionnement.

Au quotidien, des indicateurs statistiques complètent les documents comptables. Ils apparaissent dans les tableaux de bord et correspondent parfaitement aux besoins de l’entreprise pour la bonne raison qu’ils sont réalisés sur mesure. Chaque service peut déterminer quels sont les indicateurs les plus pertinents pour évaluer l’écart qui existe entre ses réalisations et les objectifs.

Leur déclinaison est infinie. Par exemple, sur ce site (qui s’adresse aussi aux professionnels) se trouve une page sur les tableaux de bord des ressources humaines mais aussi, pour entrer davantage dans les détails, des indications pour construire un tableau de bord sur l’évolution de la masse salariale.

Un tableau de bord se présente comme un document contenant des graphiques et des tableaux, souvent très parlants pour ceux qui les utilisent… et incompréhensibles pour les autres !

Pour résumer, des documents comprennent des indicateurs de mesure qui permettent des évaluations à tous les niveaux, c’est-à-dire aussi bien pour l’entreprise dans sa globalité que pour un service de trois personnes.

Ajoutons que tout peut être évalué : les réunions, l'organisation du travail, la qualité, le système d'information, l'âge moyen des clients, ses propres forces et faiblesses, le coût de l'absentéisme, etc. On évalue même si les indicateurs du tableau de bord sont bien pertinents.

 

Exemple

Soit une petite entreprise qui produit des jus de fruits. Son compte de résultat montre que ses achats de matière première ont été beaucoup plus importants que prévu. La première question qui vient à l’esprit est : pourquoi ?

Il faut d’abord comparer cette augmentation avec celle des ventes. Si l’entreprise double son chiffre d’affaires d’une année sur l’autre, il est normal qu’elle doive acheter deux fois plus de fruits et deux fois plus de bouteilles ! D’où l’intérêt de raisonner en pourcentage et non en valeur absolue.

Supposons que l’achat de matières premières est trop élevé par rapport aux ventes. Le contrôleur de gestion s’intéressera d’une part au type de matière première commandée (bouteilles et fruits) et d’autre part il vérifiera si le surcoût est dû à une hausse des prix ou des quantités.

Supposons à présent que ce sont les quantités de fruits achetés qui s’avèrent beaucoup plus élevées que prévu. Il faut encore creuser pour en trouver les causes. Pour cela le contrôleur de gestion analyse les tableaux de bord des différentes étapes du processus de production. D’abord l’approvisionnement : les fruits commandés sont-ils tous arrivés dans l’entreprise ou y a-t-il eu des pertes (vols, accidents…) ? Ensuite le stockage : les fruits ont-ils été stockés dans de bonnes conditions ou se sont-ils abîmés avant d’être pressés ? Enfin la production : les machines sont-elles bien réglées ou constate-t-on un gaspillage ?

Creusons encore. Le tableau de bord du service des stocks montre que des quantités trop élevées de fruits ont dû être jetées. Là encore, il faut savoir pourquoi. La raison est-elle une mauvaise température des entrepôts ? Les fournisseurs expédient-ils des fruits trop mûrs ? La chaîne de production est-elle suffisamment souple pour s’adapter rapidement aux fruits qui arrivent ?

Cette enquête a commencé en évaluant des chiffres globaux, s’est poursuivie avec des données plus détaillées issues des tableaux de bord et se termine par des entretiens avec des techniciens qui, à leur tour, doivent évaluer si certains paramètres dont ils ont la responsabilité peuvent être améliorés.

Notez toutefois que cet exemple est fictif et que dans la réalité les causes d’un dérapage sont souvent multiples !

 

Évaluation du travail

L’évaluation s’applique à l’entreprise et à des groupes restreints mais aussi aux individus. En principe, chaque manageur apporte des appréciations sur ses collaborateurs immédiats et en discute une fois par an avec eux lors d’un entretien.

La page sur l’évaluation du travail traite particulièrement de ce sujet.

Mentionnons aussi l'évaluation de la personnalité qui fait suite à l'entretien de recrutement.

Quant au dirigeant, il est lui aussi évalué. À moins d’être propriétaire de son entreprise, il peut être démis de ses fonctions par une majorité d’actionnaires. Ceux-ci jugent la stratégie et ses modalités de mise en œuvre puis estiment si les dirigeants ont une part de responsabilité au cas où les objectifs ne seraient pas atteints. La page d’évaluation de la performance du manageur (dirigeant ou non) est adaptée au programme de première STMG.

 

La régulation

L’objectif de l’évaluation est de pouvoir « corriger le tir » avant qu’il ne soit trop tard.

La régulation est l’ensemble des décisions prises en ce sens.