Le pouvoir d'achat

Notions de réel et de nominal en économie

En économie et en gestion, il est courant de s’intéresser à des évolutions de grandeurs exprimées dans une unité monétaire : chiffre d’affaires, PIB, salaires, etc.

Cependant, ces évolutions sont biaisées en raison de l’inflation ou plus rarement d’une baisse des prix. Il faut en tenir compte dans les analyses.

Ce phénomène est enseigné en cours de SES en classe de seconde. Il est complété en première générale par les notions de taux d’intérêt nominal et réel.

 

Effet quantité et effet prix

Si une entreprise voit son chiffre d’affaires augmenter d’une année sur l’autre parce qu’elle a produit davantage, on parle d’effet quantité. Si c’est parce qu’elle a augmenté ses prix de vente, on parle d’effet prix. La plupart du temps, une évolution est une combinaison de ces deux éléments.

L’effet prix peut être instructif à observer, surtout pour une entreprise (l’exemple du chiffre d’affaires ci-dessus en est une illustration). Mais généralement, il est plus intéressant de suivre les évolutions en volume plutôt qu’en valeur. C’est notamment le cas du PIB.

On dit que l’évolution en volume est réelle ou en monnaie constante, par opposition à une évolution nominale ou en monnaie courante.

 

Pouvoir d’achat

Le pouvoir d’achat est une notion très présente dans les médias… et les manifestations. C’est la quantité de biens et services que l’on peut obtenir avec un certain revenu. iI se rapporte donc bien à un volume.

C'est surtout en termes d’évolution que l'on étudie le pouvoir d'achat.

Exemple : si le revenu d’un ménage s'est accru de \(2\%\) en un an mais que l’inflation s’est elle aussi élevée à \(2\%\) alors le gain est nul.

Et si le revenu a progressé de \(2\%\) tandis que l’inflation s’est établie à \(3\%\) ? On pourrait penser que le ménage a perdu \(1\%\) de pouvoir d’achat sur la période. En fait, ce n’est pas tout à fait exact.

 

Calculs

On dit que l’on déflate une donnée ou une série statistique lorsqu’on la transforme en monnaie constante. Comment faire ?

La formule est la suivante :

\[\frac{{{\rm{Indice\;en\;monnaie\;courante}}}}{{{\rm{Indice\;des\;prix}}}}\]

L’indice des prix est le déflateur.

Exemple 1 : pouvoir d’achat

Adélaïde touche une rente de 1 000 €. Un an plus tard, cette rente reste au même niveau tandis que l’inflation s’est élevée à \(1,5\%\) sur la période.

Si l’on pose un indice des prix de 100 en début de période, il s’établit après un an à \(100 \times (1+ \frac{1,5}{100})\) soit 101,5.

Son pouvoir d’achat est désormais de \(\frac{1000}{101,5} × 100 ≈ 985,22\; €.\) Il a diminué d’environ \(1,48\%.\)

Note : ce chiffre n’est probablement pas exact car le panier qui sert à l’INSEE pour calculer le niveau d’inflation ne reflète pas forcément la consommation d’Adélaïde. C’est pourquoi la notion de pouvoir d’achat individuel est difficile à déterminer précisément.

Exemple 2. Voici l’évolution du salaire mensuel de Gaston sur deux ans :

  Janvier \(n\) Janvier \(n+1\)
Salaire 2 650 2 720
Indice des prix 103,5 104,7

L’augmentation apparente du salaire est un simple pourcentage d’évolution :

\(\frac{2720 - 2650}{2650} × 100 ≈ 2,64\%\)

Les prix ont augmenté de :

\(\frac{104,7 - 103,5}{103,5} × 100 \approx 1,16\%\)

Il reste à diviser les indices qui correspondent à ces pourcentages (ou les coefficients multiplicateurs, ce qui revient au même).

\(\frac{102,64}{101,16} \approx 1,46\%\)

Conclusion : le salaire de Gaston a augmenté d’environ \(2,64\%\) mais compte tenu de l’inflation, son pouvoir d’achat n’a progressé que de \(1,46\%.\)

 

Taux d’intérêt

L’intérêt rémunère le prêt d’un capital. Le taux d’intérêt est un pourcentage : c’est le montant des intérêts rapporté à la somme prêtée. Il est le plus souvent exprimé en taux annuel.

Les taux d’intérêt dépendent de nombreux facteurs (durée du prêt, niveau de risque de l’emprunteur…) mais aussi du niveau d’inflation anticipé. Ils étaient très hauts dans les années 80 mais de nos jours ils sont relativement bas.

Comme pour les analyses d’effets quantités, le niveau d’inflation est donc là aussi essentiel. Pour que le prêteur ait intérêt à prêter, il faut que les taux soient significativement supérieurs à la hausse des prix puisque c’est le taux réel (déflaté) qui rémunère son prêt dans la durée et non le taux nominal inscrit sur le contrat de prêt. Il arrive toutefois que l’inflation soit supérieure à certains taux d’intérêt. On parle alors de taux négatif. Par exemple, depuis 2017 en France, il est habituel que le taux du livret A soit inférieur à celui de l’inflation, ce qui n’incite pas à épargner !

La formule de calcul reste la même que celle que nous avons présentée plus haut. Il suffit de remplacer le taux d’évolution calculé par le taux d’intérêt nominal.

Exemple. Calculons le taux d’intérêt réel sur une année \(n.\)

Taux d’intérêt nominal à long terme : \(6\%\)
Inflation : \(2\%\)

Pour varier les plaisirs, utilisons les taux multiplicateurs (qui sont les indices divisés par 100).

\(\frac{1,06}{1,02} ≈ 1,039\)
\((1,039 - 1) × 100 = 3,9\%\)

Le taux d’intérêt réel s’établit à \(3,9\%.\)

Vous remarquerez que dans chacun de nos exemples le résultat n’est pas très éloigné de ce que l’on obtiendrait avec une simple soustraction. C'est parce que les évolutions sont ici très mesurées.