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 Annuités constantes et géométriques

Je ne fais pas ça pour vous embrouiller mais sous ce titre d’« annuités » se cachent aussi des MENSUALITÉS puisque, mathématiquement, il n’y a pas de différence dans les formules.

Le terme « annuité » est très général. L'annuité peut avoir pour cadre un investissement financier et elle comprend alors une part de remboursement du capital (amortissement) et une part d'intérêt (plus éventuellement une part d'assurance). Mais une annuité peut aussi représenter le versement périodique d'une rente, donc sans remboursement de capital.

Par rapport au plan de remboursement (ou de placement), l’annuité peut être anticipée, de début de période, à terme échu ou différée.

Enfin, les annuités peuvent être constantes ou en progression géométrique (voire quelconques ou en progression arithmétique mais on ne verra pas ces situations ici). Un exemple de prêt immobilier qui détaille les intérêts et la part de remboursement de capital figure en page emprunt à annuités constantes. Les exemples d'annuités constantes que vous verrez ci-dessous sont plus simples puisque le premier décrit une rente et le second ne s'intéresse qu'au montant global des annuités d'emprunt.

Annuités constantes

Le TOTAL des remboursements ou des revenus d'une rente suit une progression arithmétique ayant pour raison le montant de l'annuité (c'est évident).

Notons V0 la valeur actuelle, Vn la valeur acquise à la date n et a le montant de l’annuité. Comme toujours, i est le taux d’intérêt (ou le taux actuariel lorsque les annuités sont des rentes). Si les annuités sont à termes échus, nous aurons (moins évident) :

annuités constantes

Attention, si les annuités sont à terme à échoir, il convient de multiplier ces quotients par (1 + i).

Avouez-le, vous souhaitez des exemples.

Vous versez 2 000 euros chaque année pendant dix ans sur un support qui vous rapporte 4 % par an. Formule des intérêts composés. Versements  en début de période. Voici le détail des Vn sur tableur :

exemple

Sur Excel, on obtient directement ce résultat par =VC(0,04 ;10 ;-2000 ;;1). Le premier terme de la fonction est i, le deuxième est le nombre de versements, le troisième est affecté d’un signe négatif car Excel raisonne en remboursements et non en placements, le quatrième (valeur actuelle) est ici omis et le dernier (1) signifie « début de période » (0 ou rien si fin de période).

Autre exemple, celui d’un remboursement. Vous empruntez 100 000 dollars au taux annuel de 6 %, que vous remboursez par mensualités constantes (dès le premier mois) sur 3 ans. À combien s’élève chaque mensualité ?

Il s’agit cette fois de déterminer le a de la formule V0. On cherche d’abord le taux équivalent mensuel i qui est une moyenne géométrique. C’est la racine douzième de 1,06 moins 1. On trouve 0,486755 %. V0 est égal à 100 000 et n = 36. Supposons la situation classique d’un remboursement en fin de période. Le résultat est alors $3 035. Sans connaître la formule on peut là aussi utiliser Excel, cette fois à l’aide de la fonction VPM. Notons au passage qu’en multipliant cette somme par 36, on obtient $109 260, soit un coût du crédit de $9 260.

Annuités en progression géométrique

Une progression géométrique est utilisée pour prendre en compte une inflation prévisible ou l’accroissement d’activité d’une entreprise.

Théoriquement, la valeur actuelle et la valeur acquise sont liées par une banale formule de suite géométrique, Vn = V0(1 + i). La raison q est éventuellement égale à (1 + i) et le premier terme V0  représente n fois la première annuité (du moins si les annuités sont de début de période ; sinon, divisez par 1 + i). Par conséquent, si a est la première annuité, Vn = na(1 + i)n-1 si les annuités sont à terme échu et Vn = na(1 + i)n si elles tombent en début de période.

Mais la raison de la suite n’est généralement pas égale à (1 + i). Elle représente un taux d’actualisation. Ce peut être un taux d’inflation estimé ou quelque chose de plus subjectif, incluant une prime de risque et le principe de préférence pour jouissance immédiate. Bref, un joyeux fourre-tout parfaitement critiquable mais dont l’existence se doit d’être prise en considération. Ce peut aussi être un taux de revalorisation.

Si les annuités sont à termes échus, la valeur acquise est la suivante :

valeur acquise annuités géométriques

Lorsque les termes sont à échoir, multipliez par (1 + i) pour tenir compte de la période supplémentaire.

La valeur actuelle se présente ainsi :

valeur actuelle annuités géométriques

Là encore, multipliez par (1 + i) si les annuités sont de début de période (c’est-à-dire que le dénominateur est élevé à la puissance – 1).

Exemple : vous placez annuellement une somme durant cinq ans. Le premier versement est de 10 000 dirhams et les suivants sont basés sur un taux d’actualisation, ou d’inflation, de 6 %. Les intérêts sont versés en fin de période, au taux de 5 %. Quelle sera la valeur acquise au bout des cinq ans ?

Réponse :

valeur acquise

Je le vérifie sur le logiciel CalcFinance. Menu Calculs financiers puis Conseiller épargne. Montant initial de l’épargne égal à zéro. Cocher Indexer les versements sur l’inflation et Versement en fin de période. Le renseignement des autres paramètres va de soi.

Extrait d’un état de sortie du logiciel (Plan d’épargne) :

tableau calcfinance

 

différé

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